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| | FRÈRES HUMAINS QUI AVEC NOUS VIVEZ…...
Durant deux ans, j’ai partagé l'univers des personnes
handicapées mentales. Je leur rendais visite comme on rend
visite à des amis. Des amis fragilisés par un handicap,
certes, mais également par ceux qui, trop souvent, ne leur
accordent aucun regard.
J’ai donc écouté mes nouveaux amis avec une
attention particulière. Dès mes premières
rencontres, il m’est apparu évident qu’il me
fallait trouver les clefs qui ouvriraient les portes de notre
compréhension mutuelle. François est trisomique.
Son handicap lui ôte la possibilité de s’exprimer
verbalement. Afin de communiquer avec lui, j’ai adopté
son propre rythme pour partager sa notion du Temps. Ainsi, j’ai
pris François en considération pour, qu’ensemble,
nous puissions nous comprendre. Cette disponibilité m’a
été demandée à chacune de mes rencontres.
J’ai alors constaté, combien la différence
n’est, en aucun cas, un prétexte d’exclusion,
mais bien plutôt une source d’enrichissements. Dans
ce monde d’authenticité, face à des femmes,
des enfants et des hommes fragilisés par un handicap, mais
surtout victimes d'un discours misérabiliste, je n'ai pu
que " faire mon métier d'homme " : les aimer.
À travers un ouvrage, une
exposition photographique et une
campagne nationale d’affichage,
mon désir est de transmettre
l’univers de chaque personne
handicapée. Les images
et les textes, à leur attention,
prennent tout leur sens dès
l’instant où la réalité est imprégnée de
poésie. Une poésie
qui ne pourra que restituer la
valeur de ces êtres et inciter,
chacun d’entre nous, à
découvrir combien leur
vie ne doit pas être que
synonyme de souffrance. Une poésie
qui, je l’espère,
ne nous laissera pas d’autre
choix que de «QfrèrerQ»
avec ces personnes handicapées
mentales, certes, mais qui n’en
restent pas moins des êtres
humains. C’est pourquoi
le texte qui accompagnera les
photographies de l’ouvrage
et de l’exposition ne constituera
pas un témoignage visant
à une certaine objectivité.
À travers un récit
fictionnel et des lettres à
l’attention de chaque handicapé,
nous effectuerons, je l’espère, un voyage initiatique.
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