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Prudence
La mort, n'y pensez pas, la
vie est à l'écoute
de votre coeur qui bat, furtif,
saccadé,
il sera toujours là jusqu'au
bout de la route
Ce coeur que vous n'avez bien
sûr pas demandé
ne peut que se donner, c'est
sa loi, son ivresse,
il est trop bien caché,
ce n'est pas la caresse
qui l'atteint, mais le rêve
éperdu, chaleureux
l'espoir irraisonné,
le défi, la constance
C'est quand il est vibrant qu'il
est le plus heureux
le coeur est ce qui reste à
l'homme de l'enfance
Ne le profanez pas, la vie,
elle, elle est là
qu'il faut tout à la
fois contraindre et mériter
Tenez bien votre coeur, ne le
gaspillez pas
sinon vous ne pourriez un jour
que tout gâter
C'est bien cela le sort hélas
qui nous attend
Plus un seul battement de coeur
dessous le sein
Pour vivre, il n'est plus rien
de bon, ni de tentant
Tout peut renaître un
jour, mais ce n'est pas certain
En attendant dans l'ombre et
le secret des choses
les fleurs prennent au sol vigueur,
essence, élan,
c'est peut-être le ciel
alors qui nous entend
quand il met le matin des larmes
sur les roses
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